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Unser Land doit-il avoir un avis sur tout ?



Unser Land doit-il avoir un avis sur tout ? Une question que l’on peut légitimement se poser car nous nous mouvons aux limites du carcan de la pensée convenue.
En effet, nous avons l’outrecuidance de défendre l’honneur et le droit à l’autonomie pour notre Peuple, dont l’existence est niée jusque dans les plus hautes sphères de l’état central, et ceci dans l’indifférence de ceux censés nous représenter.
Alors quand on lutte pour son existence, ou du moins pour une certaine idée que l’on se fait de soi-même, c’est harassant même si on n’en est pas moins sensible aux affaires du monde. Parfois on doute même. A quoi bon se battre ici pour une société dans laquelle l’âme alsacienne n’existerait plus ou en variante, pourquoi se battre pour l’existence d’un Peuple qui semble résigné ?
Mais chaque semaine, arrivent de nouveaux signes qui poussent à continuer pour que beaucoup d’autres ouvrent les yeux sur ce que signifie en réalité cet effacement programmé.
Et pourtant, quel que soit le sujet, notre engagement pour notre Elsass nous rappelle à quel point nous avons raison de dénoncer un état central dont l’emprise psychologique auprès de nos concitoyens est inversement proportionnelle à sa capacité à s’adapter et à résoudre les crises et problèmes qu’il ne cesse d’alimenter.
Prenons l’exemple du sujet de la réforme des retraites. Nous vivons dans un pays avec moults régimes spéciaux. Pour le régime général, désormais plus de 42 années de cotisations nécessaires. On arrive donc à l’âge légal de 64 ans, celui qui pour certaines professions relève à une quasi condamnation de dernières années en mauvaise santé (si on les atteint).
Cette réforme, indépendamment des discussions autour de sa pertinence économique dans un état surendetté, est une mauvaise réforme pour plusieurs raisons.
Elle est imposée et non négociée avec les corps sociaux, elle ouvre le champ à une précarisation des futurs retraités, elle n’implique pas les entreprises pour : soit ouvrir très tôt les portes à un apprentissage conventionné ; soit inclure les anciens, y compris ceux qui n’ont pas la chance de disposer de compétences recherchées, et elle est injuste puisqu’elle fait porter la plus grande charge sur les plus faibles.
Et surtout, elle n’introduit en rien les prérequis culturels pour penser différemment notre parcours depuis nos études jusqu’à nos activités en fin de carrière, y compris d’éventuelles coupures avec des disponibilités. D’autres orientations pourraient conduire à des aménagements de préretraites pour ceux qui sont bloqués dans des voies professionnelles sans issues et à des réflexions pour la prise en compte du bénévolat.
Alors évidemment, on nous dit que c’est pour la bonne cause, pour sauver le système par répartition, sauver le monde d’avant, celui de la croissance et des 30 glorieuses.
Sur ce point on peut avoir quelques doutes quant à la pérennité du système en pleine désindustrialisation de l’Europe et surtout de la France. Une pyramide de Ponzi en devenir.
Comment financer un système avec une création de richesse négative ? On ne peut que douter devant les ambitions de réindustrialisation décarbonée. Ceci relève dans le modèle économique actuel à prétendre sauver un mourant en le saignant. On nous traite parfois de rêveurs, mais nous avons cependant un minimum de sens des réalités et savons reconnaitre de la propagande politique.
Il est donc très simple de comprendre à quel point cette réforme ne résoudra rien sur le fond et ne fait que repousser les véritables questions, celle d’un état défaillant dans sa capacité à protéger.
A ce moment de la démonstration, on retombe forcément sur les fondamentaux d’Unser Land.
Celui de faire grandir une classe politique alsacienne en capacité d’esprit critique pour imaginer une Alsace libre et responsable.
Quoi qu’il arrive, la seule voie pour sortir par le haut du marasme dans lequel nous allons immanquablement plonger, passera par le chemin d’une large autodétermination.
Alors la « retraite » taguée dans notre esprit, c’est celle consistant à trouver une sortie de l’impasse dans laquelle nous sommes entraînés.

Martin Meyer / Secrétaire général

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