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Scènes de rue


Voilà plusieurs années déjà, j’étais allé en ville acheter une baguette de pain et puis j’ai été intrigué par une agitation inhabituelle, chez moi à Mulhouse, quand même bien souvent un peu ennuyeuse (à l’époque).

C’était Place de la Réunion, un petit monsieur était juché sur une cabine téléphonique (je n’avais plus vu de cabines de ce genre en ville depuis bien longtemps) et faisait des acrobaties hilarantes. Autour de lui, moi et les autres spectateurs, nombreux, nous nous tordions de rire.


Le spectacle était court, s’est vite achevé et j’ai suivi le mouvement de la foule, un autre spectacle allait commencer un peu plus loin. J’ai adoré ce jeu de pistes improvisé dans les rues, sur les places de ma ville que je ne reconnaissais plus, et je me suis laisser happer par cette belle atmosphère.

Je suis rentré bien tard chez moi, ma baguette toujours dans mon sac marin.

Je suis bien sûr retourné à Scènes de Rue le lendemain, et l’année d’après et les années qui ont suivi.

Ces trois belles journées et soirées, ces spectacles courts, graves ou hilarants, avec ces acrobates, ces conteurs, ces danseurs, ces poètes, ces funambules, ces cracheurs de feu, étaient devenus un rendez vous incontournable à Mulhouse, la période de l’année qu’on attendait, le moment rêvé de montrer notre ville à des amis non mulhousiens sous un jour séduisant, l’occasion aussi de vivre avec d’autres qu’ils soient connus ou inconnus de beaux moments, de se partager des petits secrets, de déambuler gaiement dans une ville qu’on avait du mal à reconnaître et puis de trinquer, d’échanger et de profiter de la douceur des nuits de juillet.

Les habitudes ont été prises par le public et par les acteurs culturels locaux ou pas.

Et puis voilà que la Municipalité vient d’annoncer que pour des raisons financières (si j’ai bien compris), que le festival ne se déroulerait plus qu’une année sur deux. Je n’ai pas tout saisi et j’aimerais que l’on m’explique.

Si tout va bien (mais comment penser que tout n’ira pas bien ? ) cette décision regrettable nous privera de ce super moment tous les deux ans, mais bien sûr, je crains fort que l’élan ne soit brisé, les habitudes perdues, les liens oubliés.

Mulhouse s’apprête donc à se priver de ses trois plus belles journées.
Tout prés de chez nous, imagine-t-on Bâle se priver de ses drei schenchta Tàga ? (leur carnaval), la réponse est bien sûr négative, mais ici on ose tout ! Il vont quand même pas faire ça !

Espérons de tout cœur que non !

Alain Foeller

Une pétition pour le maintien de Scènes de Rue circule sur :


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