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Réactions et perspectives suite aux déclarations de Macron


L'Alsace encore trahie par la Macronie. Des années de mépris, maintenant ça suffit!

Si les déclarations d'Emmanuel Macron au sujet de l'Alsace et de son avenir institutionnel lors de sa venue à Sélestat le 19 avril dernier, ont mis le feu au poudres, les macronistes n'en étaient pas à leur coup d'essai depuis 2018 en matière de mépris envers notre région.
Et ce quoiqu'en disent les relais locaux et autres nervis du pouvoir technocratique parisien.



Une visite qui dérape.

Mercredi 19 avril 2023, le Président se rendait en Alsace pour des visites dans une entreprise de Muttersholtz puis à la mairie de Sélestat, où il retrouva ses alliés locaux : le maire divers-droite Marcel Bauer et le député macroniste de la circonscription Charles Sitzenstuhl (dont la loyauté à Macron fut tournée en dérision par le compte Facebook "Réflexions d'Alsace", voir image ci-jointe).
Conspué et chahuté pendant toute la journée, le locataire de l'Élysée eut une nouvelle fois la preuve du rejet populaire de sa politique, notamment de la réforme des retraites.
Définitivement, Macron savait qu'aucun allié politique n'était à chercher du côté de la gauche, claire sur son opposition au camp présidentiel.
Mais une fois à la mairie de Sélestat l'après-midi de ce jour-là, c'est dans son propre camp que Macron suscita des remous.
Comme s'il n'était pas déjà assez seul et prétentieux comme ça.
En cause, d'insupportables déclarations hors-sol, arrogantes emplies de fausses certitudes et d'éléments de langage superficiels et fallacieux face aux médias.
Bon, avec Emmanuel Macron on en a l'habitude me direz-vous...
Pas de quoi susciter un esclandre.
Sauf que cette fois, c'est la question de l'avenir institutionnel de l'Alsace que le Président venait de traiter avec mépris comme le rapportent nos confrères des DNA (voir article ci-dessous dans les "Ressources annexes"), "Je veux que les Alsaciens sachent que la région Grand- Est leur apporte beaucoup, c'est le cas notamment pour le transport, l'aménagement du territoire.
C'est plus que ce que l'Alsace aurait pu faire seule." déclara notamment le locataire de l'Élysée.
Des propos indignes et rabaissants pour une région qui fut pourtant l'un de ses bastions électoraux depuis 2017 jusqu'en juin 2022.
Lors des législatives parmi les 15 députés élus par les Alsaciens, 11 d'entre eux sont dans le camp présidentiel.
Une véritable vague macroniste avec 5 ans de retard par rapport au reste du pays où le RN et la NUPES progressèrent fortement.
Et n'oublions pas l'importance symbolique aux yeux de la Macronie que revêt Strasbourg, capitale européenne avec son Parlement et située au coeur de l'Europe sur le Rhin, fleuve ayant au cours de l'Histoire marqué tant le fossé que le pont entre les Nations qu'il traverse.
Bref, il n'est pas sûr que l'Alsace reste encore longtemps sous la coupe des macronistes (plus ou moins assumés) après ces déclarations présidentielles infectes du 19 avril 2023!


Un timing politique catastrophique.

Ces propos du Président furent d'autant plus mal accueillis an Alsace qu'ils surviennent dans un temps où les aspirations régionalistes et autonomistes y ont le vent en poupe.
Détestée depuis sa naissance car imposée en contradiction avec la Charte Européenne de l'Autonomie locale par le gouvernement PS de Manuel Valls avec la complicité des pontes LR locaux opportunistes (Philippe Richert et Jean Rottner) en 2015, la région "Grand-Est" n'en finit plus d'exaspérer les citoyens d'Alsace : transports insuffisants, gâchis financier, éloignement et verticalité du pouvoir mais aussi plus récemment, fermeture arbitraire du lycée professionnel de Pulversheim (68) décidée en mars dernier par un conseil régional élu avec près de 70% d'abstention en juin 2021, durant la pandémie de Covid-19.
Ce constat rend les propos présidentiels d'autant plus faux, mais il faut pour mieux les comprendre savoir que depuis janvier 2023, le "Grand-Est" est présidé par Franck Leroy, membre du parti macroniste Horizons donc proche comparse d'Emmanuel Macron.
Son avènement suit la fin politique calamiteuse de Jean Rottner qui prétextant des " raisons familiales" démissionna du Grand-Est avant qu'on ne découvre durant les vacances de Noël 2022 sa reconversion lucrative dans un groupe immobilier.
Le "Grand-Est" venait de perdre sa caution politique alsacienne...
De quoi renforcer de légitimes aspirations régionalistes.
Dans ce sillage, la collectivité Européenne d'Alsace (CEA) menée par Frédéric Bierry décida de se réunir le jeudi 13 avril, 6 jours avant la visite de Macron, pour adopter lors d'une assemblée plénière extraordinaire une motion en faveur de la sortie de l'Alsace du "Grand-Est".
Et la principale formation politique régionaliste alsacienne, Unser Land, tenait son assemblée générale à Barr(67) le samedi 15 avril.
Autant dire que les mots provocateurs du Président lors de sa visite tombaient très mal, et ne furent pas sans conséquences dans les milieux autonomistes de la région.


Des réactions nombreuses et fortes...

Dès le lendemain de cette frasque verbale anti-Alsace du Président Macron relayée par la presse quotidienne régionale, le parti autonomiste Unser Land réagissait par la voix de son président Jean-Georges Trouillet dans un communiqué officiel.
M. Trouillet y déclare notamment que le Président "[...] vient d'envoyer une gifle cinglante à toute l'Alsace, laquelle l'avait pourtant plutôt soutenu jusqu'à présent" avant d'abonder avec une certaine lucidité que "cette nouvelle situation marque un tournant".
En effet les macronistes locaux, Brigitte Klinkert en tête et leur Président avaient depuis 2021 tenté de surfer sur le régionalisme alsacien pour mettre en difficulté Jean Rottner aux élections régionales.
Dans la même veine, Frédéric Bierry et la CEA où siègent certains macronistes locaux se disant pro-Alsace (Klinkert, Million, Fuchs...) misaient naïvement sur l'aval du président pour sortir l'Alsace du "Grand-Est".
Les déclarations de Macron viennent donc mettre fin à cette période de flou, ce qu'explique encore Jean-Georges Trouillet pour Unser Land dans son communiqué du 20 avril dernier : "Nous avons jusqu'à présent fait preuve de retenue vis-à-vis de Macron [...], [sa] déclaration est un camouflet pour l'Alsace. [...] ce pouvoir ne comprend que le rapport de force et nous devons tous prendre la pleine mesure de ce constat."
Même son de cloche au MPA (Mouvement pour l'Alsace) rassemblant les sénateurs LR pro-Alsace, André Reichardt et Laurence Muller-Bronn par communiqué :
"Les propos du Président de la République sur les institutions alsaciennes et la région Grand-Est rapportés dans la presse sont sidérants et innacceptables. [...] Le MPA condamne ces déclarations, sans réserves."
Par ailleurs, les mouvements régionalistes alsaciens plus ancrés à gauche tels que l'Alternative Alsacienne-'s Lìnke Elsass, ne sont pas en reste sur leur compte Facebook suite aux propos présidentiels. "Message à Macron : les citoyens alsaciens n'ont pas besoin d'être aimés mais d'être respectés!
Respectez nos droits sociaux!
Respectez notre droit à nous autodéterminer, et à choisir les institutions qui nous représentent démocratiquement!" pouvait-on lire le soir même avant de repasser une seconde couche le lendemain : "Le mépris, un mot pour résumer la journée de Macron en Alsace".
Enfin, la page régionaliste de gauche "Réflexion d'Alsace" répliqua par un montage iconographique cinglant, tournant en dérision ceux ayant vu en Macron un défenseur de l'Alsace (ci-dessous).
Dans les commentaires sous les différents articles de presse rapportant les propos polémiques du président, les internautes réagirent également avec vivacité.
Régis Baschung, responsable de la section mulhousienne d'Unser Land, le nota sur Facebook :
"Il suffit d'aller sur les réseaux sociaux pour constater la grande oeuvre d'Emmanuel Macron en refusant la sortie [de l'Alsace] du Grand-Est : la montée de l'indépendantisme et je constate même des reproches adressés à ma formation politique autonomiste d'Unser Land - Mouvement Alsacien d'avoir été trop complaisante avec Paris."
L'incendie était bel et bien là, n'en déplaise aux macronistes locaux.
Nombreux furent les autres organisations et collectifs plus ou moins formels non-cités ici du milieu régionaliste alsacien à réagir négativement au propos du Président.



...malgré une minable tentative de rétropédalage des élus macronistes alsaciens.

Car se doutant que leur Président était allé trop loin au sujet de l'Alsace, une flopée d'élus macronistes "alsaciens" servant de cautions locales à Paris (les députés Klinkert, Ott, Fuchs, Lemaire et Goetschy-Bolognese, Thiébaut, Sitzenstuhl, Studer, Kochert et Buffet, l'eurodéputée Fabienne Keller ainsi que les sénateurs Haye et Schillinger) s'empressèrent de rédiger fiévreusement eux-aussi un communiqué pour plaider la bonne-foi de Macron envers l'Alsace avec le vain espoir de faire taire les contestations et de maintenir l'Alsace dans le camp macroniste.
On peut notamment y lire que " Le Président de la République s'est rendu en Alsace [...] [et] y a affirmé son profond attachement et engagement pour l'Alsace."
Les élus macronistes locaux, Brigitte Klinkert en tête se gargarisent ensuite d'avoir pu échanger avec le Président au matin du 20 avril, et qu'il se serait montré "rassurant" d'où ce communiqué (joint ci-dessous en lien) qui contient des propos délibérément flous voire biaisés laissant croire que les Alsaciens comme la presse n'auraient pas compris les propos du Président tout en affirmant que la seule voix pour avancer quant à l'autodétermination de la région était celle de la compromission.
Preuve que ce communiqué désespéré n'a point convaincu, le déferlement encore une fois de commentaires sur les comptes Facebook des députés macronistes alsaciens l'ayant relayé en publication.
Notamment chez Brigitte Klinkert :
"Toujours le en-même temps ou dire tout et son contraire en fonction de son interlocuteur" y dénonce Bern M.,
"J'y ai cru...Aujourd'hui je suis écoeuré.
Macron a méprisé la volonté des Alsaciens [qui] s'en souviendront" abonde Ludovic F.
"Un communiqué bien trop complaisant vis-à-vis du chef de l'État. Vous vous faites complètement avoir." assène entre autres Christophe L.

Sur le compte d'Hubert Ott, les réactions ne sont pas plus tendres.
"Désolé mais votre communiqué est totalement râté. [...] Macron ou vos électeurs? Paris ou l'Alsace?
Choisissez votre camp." questionne Frédéric Goerké, suppléant de Régis Baschung aux législatives de 2022 pour Unser Land.
"Macron veut juste la mort de l'Alsace" declare pour sa part Cédric B. tandis que Franck M. signifie en ces termes sa réprobation au député :
"Votre poulain [Macron] vous roule une nouvelle fois dans la farine."


L'aboutissement d'années de mépris.

La virulence des réactions aux propos de Macron sur l'Alsace interroge.
Elle peut être mieux comprise si on les inscrits dans un temps politique plus long.
En 2015, le PS et LR s'entendaient pour la mise en place des grandes régions dont le Grand-Est avec la Loi NOTRe?
Les voici désormais quasi-inexistants électoralement dans les scrutins nationaux en Alsace!
Si le PS déteste l'Alsace et tous les régionalismes du pays par réflexe idéologique jacobin et pseudo-républicain, les LR furent un temps ambivalents sur l'Alsace et furent fracturés entre les "opportunistes" affairistes (Rottner, Richert) et les localistes ancrés (Schellenberger, Reichardt, Muller-Bronn).
De tels atermoiements sont aussi visibles dans le camp macroniste entre Macron le désormais pro-Grand-Est et ses cautions macronistes locales, Klinkert et Bierry en tête.
Mais le mépris des macronistes pour l'Alsace devient clair et ne date vraiment pas d'hier si on examine une thématique de plus en plus incandescente dans le débat public : l'écologie dont l'Alsace est l'un des berceaux historiques.
Dès 2018, la Macronie imposa la construction dans notre région du GCO, grand contournement ouest autour de Strasbourg.
Malgré une dizaine d'avis négatifs des autorités administratives environementales indépendantes, une enquête publique négative et une forte opposition locale, cette autoroute écocide fut imposée fin août 2018 par arrêté préfectoral signé le préfet Jean-Luc Marx, fonctionnaire aux ordres du gouvernement macroniste, pour le plus grand plaisir des socialistes macron-compatibles qu'étaient le maire de Strasbourg Roland Ries, le président de l'Eurométropôle Robert Herrmann mais aussi Alain Fontanel, énaque comme Macron qui soutint le GCO, la preuve en vidéo :


On connaît la suite : manifestation massive pour le climat en contre le GCO du samedi 8 septembre à Strasbourg (5000 personnes).
Puis évacuation au forceps de la ZAD de Kolbsheim dès le lundi 10 septembre au matin par les CRS envoyés par la préfecture, violences contre les élus de la part des forces de l'ordre françaises contre le maire de Kolbsheim, Dany Karcher mais aussi contre les eurodéputés écologistes José Bové et Karima Delli venus soutenir les opposants sur le site.
Tout ça au final pour 24km d'autoroute payante qui on s'en tend compte ne servent pas à grand chose, lacérant les paysages bucoliques du Kochersberg , avec des dizaines d'hectares de terres agricoles perdues, des écosystèmes forestiers détruits et un habitat du Grand hamster d'Alsace encore amoindri malgré les "compensations environnementales" et les opérations de communication de Vinci.
Vint ensuite le dossier Stocamine et de ses 42000t de déchets toxiques environ que le ministre macroniste de l'écologie, François De Rugy tenta une première fois en janvier 2019 d'enfouir défintivement dans le sous sol d'Alsace au risque d'en polluer la nappe phréatique transnationale.
Face aux récriminations des opposants et élus locaux, le gouvernement recula avant de retenter de passer en force 2 ans plus tard par la voix d'une autre ministre macroniste de l'écologie, Barbara Pompili, au mois de janvier 2021.
Une décision soutenue par Brigitte Klinkert alors ministre déléguée dans le gouvernement macroniste de Jean Castex.
La même Mme Klinkert qui s'y opposa en 2019 en tant que présidente de l'ex-conseil départemental du Haut-Rhin...
Aujourd'hui, la situation sur le dossier reste tendue, les opposants à l'enfouissement multipliant les recours face à une administration étatique parisiano-centrée inflexible, représentée par le préfet du Haut-Rhin M.Louis Laugier et qui cherche à enterrer les déchets de Stocamine à tout prix.
Bref, le mépris de l'Alsace chez les macronistes passe entre autres (question des langues régionales, affaire de la Loi Molac...) par leurs décisions en matière d'écologie concernant notre région depuis des années...



Qu'en retenir pour l'avenir?

Une semaine après ces propos polémiques, on peut affirmer que, l'Alsace gagnerait définitivement à sanctionner dans les urnes les représentants politiques se disant attachés à l'Alsace mais servant en réalité de cautions modératrices au pouvoir central, des politiciens cautions toujours ambiguës quant au devenir institutionnel de notre territoire quel que soient leur parti.
L'attitude de Macron à Sélestat a porté un rude coup à la crédibilité de l'action de Frédéric Bierry et de ses alliés à la CEA, en faveur d'une sortie de l'Alsace du Grand-Est.
Frédéric Bierry semblait aveuglément compter sur un hypothétique soutien présidentiel dans sa démarche, affaiblie comme lui aujourd'hui, certains de ses contradicteurs à la CEA voyant une "opération de communication" dans les consultations que Bierry et sa majorité ont lancé autour de l'avenir institutionnel de l'Alsace.
La vie politique alsacienne est pour ce qui concerne les échéances nationales aujourd'hui tiraillée entre la Macronie et le RN, avec une NUPES se cantonnant aux centres urbains, les deux partis de gouvernement PS et LR ayant décliné et été localement phagocytés par les macronistes.
L'actuel désenchantement provoqué par l'hypocrisie désormais avérée du Président Macron et de ses acolytes locaux quant à la sortie du Grand-Est pourrait bénéficier à un vote réellement local.
Mais il se pourrait que le RN en soit le principal bénéficiaire, car 5 ans après une vague macroniste en 2017, le RN progressa en 2022 en battant dans nombre de départements les sortants macronistes...
Espérons que notre région, témoin en juin dernier d'une vague macroniste avec 5 ans de décalage par rapport au reste de la France, ne devienne pas en 2027 la nouvelle terre d'un RN premier bénéficiaire du dégoût provoqué par l'hypocrisie macroniste.
Mais au vu de la saillie verbale anti-Alsace et pro-Grand-Est d'Emmanuel Macron le 19 avril dernier à Sélestat, dérapage que ses sbires locaux ont piteusement tenté de minimiser par leur fade communiqué, ça semble mal parti pour dans quatre ans déjà maintenant.
Et pour cause, la provocation présidentielle a déjà été opportunément dénoncée par le chef de fil du RN en Alsace et élu au "Grand-Est" Christian Zimmermann, ce dernier affirmant sur Facebook que "Macron et les députés de la majorité présidentielle ont trahi les Alsaciens. Les élus républicains et le Président de la CEA sont les dindons de la farce puisque leur coûteuse opération de communication ne servira à rien puisque Macron a définitivement scellé le sort de l’Alsace dans le Grand Est de son ami Leroy."
Suivre la voie de la Corse très proche aujourd'hui de l'autonomie, les régionalistes de Gilles Simeoni ayant œuvré avec continuité en ce sens pendant des années, semblerait une bonne solution.
Encore faut-il que les alsaciens choisissent les bons bulletins aux élections et ne se fassent plus avoir par les fausses étiquettes de type "majorité alsacienne" et les promesses sans lendemains concrets des candidats locaux de partis parisiens.

Corentin De Simone

Ressources annexes:

Les déclarations de Macron relayées par les DNA.


Rappel historique sur le GCO :


Rappel historique sur Stocamine :


Communiqués :
Unser Land


MPA

Alternative Alsacienne


Christian Zimmerman (RN)


Retropédalage des macronistes locaux




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