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La messe en Alsacien : une vraie polémique ou de la mauvaise foi ?


Autel latéral de l'église Saint-Étienne à Mulhouse

L'Eucharistie est un sacrement important pour les chrétiens catholique. C'est la foi en un Dieu Tout-Puissant qui se fait Tout-Humble, en s'incarnant dans notre condition humaine (corps, âme et esprit) pour nous redonner la communion avec Lui-même et la possibilité de vivre éternellement en Lui, c'est-à-dire en vision béatifique. Ce Dieu qui s'incarne, c'est Jésus-Christ, mort et ressuscité le troisième jour pour notre Rédemption. Il donne part à cette rédemption en donnant son Corps et son Sang vivant, ressuscité et glorifié (ce n'est donc pas de l'anthropophagie) pour que nous puissions être en communion avec Lui et prendre part à la vie éternelle dès ici-bas : c'est un avant-goût de la vision béatifique. C'est le sacrement de la Vie nouvelle en Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai Homme.

Je parle de la très sainte Eucharistie car il y a eu récemment une polémique sur la messe en alsacien, célébrée traditionnellement en la solennité de la Trinité à la cathédrale de Strasbourg. Après la fin d'une messe ou j'était servant d'autel, j'ai entendu un prêtre dire dans la sacristie que l'alsacien n'est pas une langue liturgique. Alors dans ce cas, ni le français ni aucune langue vernaculaire n'est liturgique ! Ce n'est donc pas un argument ! Il y a également l'archiprêtre de la cathédrale de Strasbourg, le chanoine Muntzinger, qui dit refuser de célébrer la messe en alsacien à la cathédrale pour la solennité de la Trinité, car l'alsacien ne serait pas une langue liturgique pour lui. Il s'est rétracté dans ses propos et à quand même laissé la porte ouverte aux prêtres du diocèse qui veulent bien célébrer la messe en alsacien à la cathédrale lors de la solennité de la Trinité. Néanmoins, je voudrais apporter des corrections sur ce qui a été dit par ces prêtres mentionnés plus haut. Voici un extrait de la constitution du concile Vatican II sur la sainte liturgie :

"1. L’usage de la langue latine, sauf droit particulier, sera conservé dans les rites latins

2. Toutefois, soit dans la messe, soit dans l’administration des sacrements, soit dans les autres parties de la liturgie, l’emploi de la langue du pays peut être souvent très utile pour le peuple ; on pourra donc lui accorder une plus large place, surtout dans les lectures et les monitions, dans un certain nombre de prières et de chants, conformément aux normes qui sont établies sur cette matière dans les chapitres suivants, pour chaque cas."[1]

On voit bien que, dans cet extrait, l'Église n'abandonne pas le latin (contrairement à ce que certains pensent) mais elle permet aussi qu'on puisse utiliser la langue du pays, dont l'alsacien en fait partie. Donc, l'alsacien est une langue liturgique comme le français et le latin, qui est en plus autorisée par l'autorité diocésaine, conformément à la constitution Sacrosanctum Concilium. [2]

Je crois donc qu'il y a un peu de mauvaise foi ou d'un manque de formation chez certains membres du saint peuple de Dieu. Il est donc nécessaire de poursuivre la formation liturgique du peuple de Dieu, "afin que l’Église puisse élever, dans la variété de tant de langues, une seule et même prière capable d’exprimer son unité." [3] Cette unité, elle se fait dans le sacrement de l'Eucharistie, à la manière des disciples d'Emmaüs, qui ont reconnu le Ressuscité à la fraction du pain. [4]

Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité et Il nous ressuscite en Lui par le sacrement du Baptême. Chers lecteurs, si vous n'êtes pas encore baptisé et que vous en avez le désir dans votre coeur, sachez qu'il n'est jamais trop tard pour demander le baptême à l'Église du Christ : "Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira."[5]

Mikaël JUSZCZYK
Étudiant L2 théologie catholique à l'université de Strasbourg.

[1] Sacrosanctum concilium, 36, 1-2. [2] Cf. Ibidem, 36, 3-4. [3] Pape François, Desiderio desideravi, 61 [4] Cf. Lc 24, 31. 35 [5] Lc 11, 9


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