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"L'abominable joug Prussien !"


Où il apparait que la période 1871-1918 a été une période bénie pour l’Alsace-Moselle… presque un âge d’or, qu’elle n’avait plus connu depuis la Renaissance !...


L’historiographie officielle, le « roman national » républicain, la propagande jacobine et nationaliste française, l’université, voire les DNA et les éditions de la Nuée Bleue, les églises parfois, évoquent tous le « joug prussien », avec une belle unanimité, ce, depuis 1870 et jusqu’à aujourd’hui…

Qu’en est-il en réalité ?

Pour rappel, l’Alsace a été cédée « à jamais et pour l’éternité » (c’est écrit ainsi dans le texte !) par la France à la Prusse, lors du traité de Versailles de 1871… Traité signé par la France !... Ainsi, l’Alsace n’est ni « annexée », ni « occupée » par la Prusse, elle devient partie intégrante du Reich allemand en tant que « Reichsland », terre d’empire… Ce n’est pas non plus une colonie.
Les Alsaciens-Mosellans deviennent citoyens allemands de plein droit… Et c’est en tant que citoyens allemands qu’ils seront mobilisés en 1914 dans l’armée allemande…
Le concept de « malgré-nous » est donc inapproprié pour cette période, les Alsaciens-Mosellans étant citoyens allemands...
Ce n’est pas là une opinion personnelle, c’est un point de droit et un fait !...

En 1870-1871, la Prusse souhaitait rassembler dans les mêmes frontières toutes les régions et populations germanophones du continent pour créer un État nouveau, le « IIème Reich », ethniquement homogène…

Rappelons ici que vouloir créer un « État ethniquement homogène » (ce que l’on a appelé le « pangermanisme » et qui sera instrumentalisé et dévoyé par les nazis… comme par leurs adversaires !...) n’est pas plus abusif ou ridicule qu’un « Royaume de France » ou « Empire des Français » expansionniste qui a toujours repoussé ses frontières le plus loin possible et sans jamais tenir compte ni de l’avis, ni de l’ethnie, ni de la langue, ni de la religion, des populations concernées…

Dans cette logique, la Prusse intégrera bien un Hinterland francophone au sud de Metz, mais le territoire de Belfort, francophone, ne l’intéresse pas.

La politique linguistique de l’Empire allemand sera d’enseigner la langue allemande (Hochdeutsch) partout et à tous, mais tolèrera que la minorité polonaise (à l’est) ou francophone (communes « welsches », en Alsace) aient leurs écoles tenues en langue française pour les Welsches, en langue polonaise pour les Polonais, et d’avoir leurs livres, leurs offices religieux propres…

Cette approche est d’autant plus libérale, que les républicains français revenus en Alsace en 1918, tenteront, eux, d’imposer le français à tous… et d’éradiquer l’allemand et l’alsacien, comme chacun sait…
L’approche prussienne sur cette question est donc, en effet, plus libérale que l’approche républicaine, jacobine et française...

La constitution de l’Empire allemand est celle d’une monarchie constitutionnelle et parlementaire. Elle est largement libérale… et authentiquement démocratique !... Cette constitution est assez proche de la constitution britannique… laquelle a institué le parlementarisme dès 1689, soit un siècle avant la Révolution française… Aussi, il est difficile de voir dans la monarchie parlementaire prussienne un régime dictatorial…

Ce sont bien les députés élus qui font la Loi et non le monarque… Les libertés fondamentales, d’opinion, de vote, de religion, de parti, de syndicat et d’expression sont reconnues, assurées… et respectées !...
La liberté de faire grève et/ou de manifester est certes limitée, mais ni plus ni moins qu’en France à cette époque !...
Ainsi, à une époque (avant 1914) où les socialistes sont volontiers emprisonnés en France (cf. Jean Jaurès) les socialistes allemands siègent au parlement (Reichstag) à Berlin… Ils y votent les lois en toute liberté…

Par ailleurs, le régime allemand est fédéral et beaucoup plus décentralisé que la Grande-Bretagne, l’Italie ou la France jacobine de l’époque… ou d’aujourd’hui !… Le « principe de subsidiarité » qui n’est pas encore formalisé en tant que tel est néanmoins appliqué dans le Reich allemand avec des élections locales libres, une gestion des affaires locales par des gouvernements régionaux et des lois locales votées au parlement régional, ainsi qu’une réelle autonomie fiscale…
L’Alsace-Moselle va largement bénéficier de tout cela et cessera d’être un « Reichsland » (terre d’empire) entre 1911 et 1913, pour devenir un Land fédéré comme les autres et de plein droit, aux larges prérogatives, au sein du Reich allemand… avec des libertés qu’elle perdra en redevenant française, en 1918, provoquant le « crise autonomiste » des années 20 et 30, pour signe de son mécontentement…

La Prusse a inventé l’administration moderne, avec une comptabilité « au cordeau », des fonctionnaires triés sur le volet, souvent d’anciens sous-officiers ayant « fait leur preuve » et qui se sentent honorés d’être fonctionnaires et de servir l’État… Les alcooliques, les malhonnêtes, les maris infidèles ou les paresseux, considérés comme « indignes », sont systématiquement écartés…
Cette administration est certes autoritaire, mais comme l’est l’administration française de l’époque… ni plus, ni moins…
Elle est cependant à l’écoute des gens, au contraire de l’administration française très raide et volontiers sèche…
Elle est respectée par les administrés…

La philosophie économique est l’économie de marché et de la libre entreprise s’appuyant sur un système bancaire efficace et qui prête volontiers, une école et un lycée d’excellent niveau, un secteur de la recherche en pointe : l’Allemagne va collectionner les prix Nobel en physique et en chimie pendant un siècle...
L’Allemagne va inventer les crèches et le Kindergarten (école maternelle) moderne à un tel point que le mot « Kindergarten » passera dans le langage courant, en anglais et en japonais !… L’Allemagne va aussi inventer le Lycée moderne dont l’excellence sera copiée dans le monde entier… La scolarisation comme l’alphabétisation explosent…
De même que la recherche, systématiquement favorisée…
L’économie y est prospère avec une fiscalité pondérée et très en faveur des communes et des régions, un investissement facilité, le plein-emploi partout… Les caisses publiques sont pleines… En arrivant à Strasbourg en 1870, les Prussiens vont découvrir avec stupéfaction que les égouts comme les hospices civils n’ont pas bougé depuis le Moyen-Âge !... En 190 ans de présence et à part la création d’une école vétérinaire pour les besoins de sa cavalerie, la France n’a rien fait à Strasbourg ! Rien ! Aucun investissement public ! Aussi, les Prussiens vont-ils investir des sommes énormes dans la modernisation des infrastructures…
Les grands-travaux se multiplient : construction de routes, de ponts, de voies ferrées, d’hôpitaux, de quartiers neufs, d’églises, d’écoles, d’une université, de musées… La construction privée explose…
Les Alsaciens francophiles ne manqueront pas de remarquer que ces sommes investies par les Prussiens sont de l’argent français provenant des dommages de guerre de 5 milliards de marks-or payés par la France à l’Allemagne… A les écouter, l’on doit la modernisation de l’Alsace aux Français, qui n’ont strictement rien fait pendant deux siècles et alors que ces investissements ont bien été réalisés par les Prussiens et non par les Français…
Cet essor économique profite à l’ouvrier avec des logements neufs, l’eau courante, l’électricité…
Les fermes et maisons forestières les plus reculées disposent de l’électricité, de toilettes et souvent du téléphone…
Les poilus français pénétrant en Alsace en 1918 seront souvent ébahis par le niveau de développement et de modernité atteint par l’Alsace que la France leur décrivait « ruinée par les (abominables) Boches »…

La prospérité économique de l’Allemagne et donc de l’Alsace, est telle que l’État prussien va pouvoir inventer la Sécurité Sociale universelle dès 1880 (1946 pour la France…), mais aussi l’arrêt-maladie, la retraite, les allocations familiales, les allocations-chômage… La politique sociale de l’Allemagne est la plus moderne et la plus généreuse du monde ! Elle sera copiée dans le monde entier…
L’État allemand mettra également en place des structures pour lutter massivement contre l’alcoolisme (ce dont se fout la République, ou à peu près) et des structures pour favoriser la vaccination et l’hygiène (bains municipaux)…
L’état sanitaire général de la population s’améliore nettement et c’est l’époque où la taille de l’individu moyen allemand, va distancer celle de l’individu moyen français… Ce, jusqu’à nos jours…
La population augmente rapidement…

Les Alsaciens-Mosellans ne s’y tromperont pas… La création d’entreprise, le taux d’alphabétisation, le taux de mariage et le taux de fécondité explosent, tous signes de prospérité et de bien-être pour le démographe comme pour l’économiste…

Avec l’amélioration de l’alphabétisation, comme l’essor de l’économie et de l’université, la culture progresse avec la multiplication des titres de presse, l’essor de l’édition, la multiplication des écoles de musique, des théâtres, des opéras, du théâtre alsacien et dialectal, des musées (musée historique, musée alsacien…), mais aussi des sociétés savantes et des colonies d’artistes, comme à la Leonardsau, à Boersch… Leonardsau en déserrance depuis 1918…
La culture comme les arts explosent et se portent très bien en Alsace-Moselle… Peut-on en dire autant de la Lorraine voisine, restée française ? C’est douteux… La chaire d’Égyptologie de l’université de Strasbourg a les moyens de financer des campagnes de fouille en Égypte et même d’ouvrir un (petit) musée à l’université de Strasbourg, quand, en 2023, la même faculté d’Égyptologie de Strasbourg a fermé son musée et ne sait que faire de ses trésors, transférés à des musées hexagonaux… Quant à financer des campagnes de fouille…

Le seul point noir, le militarisme des Prussiens ?
Depuis Frédéric II de Prusse, la Prusse se met à l’école de la France pour moderniser et développer son armée… et il n’y a pas de doute que la Prusse ait été militariste avant-même la guerre de 1870 ! Pour autant, ce militarisme prussien, bien réel, vaut bien le militarisme français sous Louis XIV, sous Napoléon ou sous la République. L’expansionnisme français sous Louis XIV, comme sous Napoléon Ier (guerres napoléoniennes, France des 130 départements…), Napoléon III (vues françaises sur l’Italie encore désunie, annexions de la Savoie et de Nice, expédition du Mexique) ou la République (expéditions et guerres coloniales) est avéré et incontesté…
L’armée française dispute à l’armée anglaise le rôle de « première armée au monde »… Aussi, si le militarisme prussien est bien une réalité, le militarisme français en est une autre !...
Avec la lamentable affaire Dreyfus en guise de parfaite illustration !…

En parlant de judaïsme, les Juifs d’Alsace-Moselle sont prospères et respectés, libres de pratiquer… ou de s’assimiler au modèle allemand… Et les Juifs allemands sont parmi les plus intégrés d’Europe !… C’est l’époque de la construction de la Grande Synagogue de Strasbourg… Le yiddisch/judéo-alsacien prospère… Sa littérature et sa musique, également… Le grand socialiste alsacien Julius Leber (connu dans le monde entier, mais pas en France…) qui se trouve être juif, ne s’y trompera pas et optera en 1918 pour rester allemand… il quittera l’Alsace…

Au regard de tous les faits évoqués ci-dessus, la plupart de ces faits étant enseignés, ici-même, à l’université de Strasbourg, à partir de la licence, et par des universitaires français, l’on cherche en quoi, la Prusse, le « IIème Reich » serait une dictature et en quoi les Alsaciens-Mosellans seraient « sous le joug » et devraient être « libérés » par la France ???... En 1914, le parti francophile en Alsace est tombé à 2% ou 3% de la population alsacienne-mosellane (et c’est infiniment moins que le poids des régionalistes/autonomistes, en 2023 !…) au point que les services de renseignement français s’en inquiètent… Contrairement à ce que nous raconte la propagande républicaine française, le taux de désertion entre 1914 et 1918 dans les rangs des Alsaciens mobilisée dans l’armée allemande tourne autour de 0,1 à 0,2%... c’est-à-dire exactement le même taux que chez les Bavarois ou les Saxons !…
Ceux qui rejoindront les rangs français seront encore plus minoritaires… A noter, à ce propos, que les Alsaciens-Mosellans, citoyens allemands, présents sur le territoire français à la mobilisation de 1914 seront mobilisés autoritairement par la France (au total mépris du droit international !) et seront comptabilisés par la propagande française, comme « Alsaciens ayant déserté l’armée allemande pour s’engager dans les rangs français !»…
Dans les années 1980 encore, l’on entendait fréquemment des anciens remarquer « cela n’aurait jamais eu lieu du temps des Prussiens ! » ou bien « l’on voit que les Prussiens ne sont plus là pour donner un coup de pied au c.. des Alsaciens !»… Pour triviales qu’elles puissent paraître, ces réflexions témoignent bien du vécu réel et positif des Alsaciens de l’époque, concernant les Prussiens (pas les nazis !)… Et donc, il me semble que le concept de « joug prussien » est totalement inapproprié pour cette période et pour l’Alsace !
Ce concept a été développé par la propagande française dans le cadre de son « roman national » et pour diffuser la « haine du Boche » en Alsace…
Elle est mensongère !
Il faut s’en défier !... et s’en éloigner !...
Je pense vous l’avoir démontré et, en tout cas, vous avoir donné des arguments pour combattre la propagande française, et toujours actuelle, sur ce thème…

A méditer…

Franz Sauer
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